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Louise, partie étudier un an en Inde en année de césure :


 

Louise, partie étudier un an en IndeJe m’appelle Louise, j’ai 23 ans et je suis partie en Inde à l’âge de 21 ans dans le cadre de mes études à Science Po Strasbourg. Le parcours au sein de Science Po se déroule sur 5 ans, et la troisième année se fait à l’étranger, que cela soit pour un stage ou des études.

Quand est-ce que tu as pensé à partir à l’étranger ?



Je suis partie en Inde quand j’étais plus jeune avec mes parents et j’avais vraiment adoré le pays ! Lors de mon cursus à Science Po, j’ai donc décidé d’y faire mon échange universitaire pendant un an.

Malheureusement, Science Po Strasbourg ne disposait pas de partenariats avec les universités en Inde malgré les dizaines d’échanges possibles ! J’ai donc décidé de faire les démarches par moi-même afin de pouvoir partir en Inde dans le cadre d’un projet personnel, à la Jawaharlal Nehru University (JNU).

Quand as-tu commencé à planifier tes démarches ?



J’ai commencé à préparer mon inscription à partir de Octobre de l’année précédent mon départ dans la mesure où Science Po attendait un premier bilan de notre projet personnel dès le mois de Janvier.

 

Il y avait une étudiante de Science Po déjà sur place à l’époque qui m’a beaucoup aidée dans les démarches. Après avoir pris contact, elle m’a présenté son université en Inde et le cursus qu’elle suivait sur place. En m’inspirant de son projet, j’ai préparé un dossier de projet personnel que l’école n’a pas hésité à valider dans la mesure où une autre étudiante l’avait déjà mené à bien avec succès.

Au niveau de l’université en Inde, il était possible de candidater dès mars. Mais les résultats n’étaient communiqués qu’en juin. Science Po demandait des preuves d’inscription dès le mois de Janvier. Afin de justifier de ma future inscription, je me suis servi des nombreux échanges par mail avec l’université indienne comme preuve de ma volonté de m’inscrire pour étudier en Inde. Après revue des différents documents que je leur avais fournis, ils ont accepté que je continue et j’ai pu candidater en mars. J’ai reçu la lettre d’admission en juin, ce qui m’a laissé un bon mois pour préparer mon départ (les inscriptions à JNU se déroulant en juillet-août).

Louise, son inscription aux universités en Inde

Quelles ont été les démarches que tu as effectuées pour t’inscrire au sein d’une université indienne ?



Au niveau des formalités, j’ai commencé les démarches dès le mois de Janvier à travers le portail d’inscription interne de l’université indienne. Après avoir rempli le dossier pendant plusieurs heures, j’ai eu quelques difficultés, notamment :

  1. Le système de notation ne correspondait pas à notre grille de notation, où ils demandaient des A ou A+ et je n’avais pas de grille de correspondance

  2. Des documents supplémentaires d’identification propres à l’Inde dont les étudiants internationaux ne disposent pas étaient demandés. Il a fallu que je remplisse les cases par des «N/A »


Au niveau des documents demandés, j’ai du fournir :

  • Les diplômes obtenus

  • Les notes obtenues depuis la Terminale

  • Les langues parlées et mon niveau dans chacune d’entre elles

  • Les expériences préalables à l’étranger

  • Les expériences professionnelles

  • Mon intention de travailler ou non durant mes études en Inde


Après avoir soumis l’ensemble de mon dossier en ligne, j’ai contacté l’université pour m’assurer que la candidature était validée. En réalité le site n’était pas opérationnel, et on m’a indiqué que je devais faire un dossier papier. Au final, le dossier reprenait les mêmes documents mais en beaucoup moins détaillés (alors que j’avais passé des heures à tout obtenir). Au final, j’ai envoyé le dossier papier directement par courrier à l’université.

J’ai senti dès le départ que le processus ne serait pas forcément simple. J’ai donc suivi régulièrement mon dossier en les relançant par mail et par téléphone de manière très régulière. Je voulais m’assurer que tout fonctionnait correctement. De son côté, l’étudiante déjà sur place est allée vérifier auprès de l’administration plusieurs fois que le dossier était bien en cours de traitement.

D’une manière globale, ils ont énormément de demandes même de la part des étudiants internationaux. Des pays asiatiques comme le Népal, la Thaïlande ou la Chine envoient un nombre impressionnant d’étudiants en Inde chaque année. Ils ont aussi beaucoup de partenariats avec les universités européennes, et ne manquent pas de candidats. Il est important de montrer sa motivation pour que votre dossier passe au-dessus de la pile.

Ils ont finalement envoyé une lettre pour confirmer mon admission vers la fin du mois de Juin, tout en me transmettant une version électronique par mail. A l’époque, cela avait suffi pour lancer les démarches de visa étudiant pour l’Inde. Aujourd’hui, il est indispensable d’avoir la lettre originale pour se rendre à l’ambassade.

Quelles ont été les démarches pour ton visa étudiant indien ?



Au niveau des démarches pour le visa, il faut impérativement la faire en ligne à travers un site web dédié : VFS Global

Au niveau des documents à fournir, voici ce qui m’a été demandé :

  • Formulaire en ligne à remplir et à imprimer indiquant les raisons du futur séjour en Inde

  • Une photocopie du passeport

  • La lettre d’acceptation à l’université

  • Le véritable passeport afin d’y apposer le visa étudiant


Il est possible d’envoyer la demande par courrier si vous n’êtes pas sur Paris, ou vous rendre directement sur place pour aller plus vite.  Pour ma candidature, il a fallu à peine trois jours pour recevoir le visa par la poste, mais il est conseillé d’avoir au moins 3 semaines de marge pour lancer les démarches.

Dans les cas extrêmes, il est possible de faire la procédure en urgence dans la journée même en cas de problème et moyennant finance.

Louise Decouvre l'Inde



Le départ pour l’Inde : comment s’est déroulée ton arrivée ?



Louise, la vie étudiante en IndeJe suis arrivée le soir à minuit à New Dehli, j’ai pris le taxi pour partir directement sur le campus. J’ai dormi dans la chambre d’une amie indienne de l’ancienne étudiante française en échange qui était prête à m’accueillir.

Au final, lorsque je suis arrivé au sein des chambres universitaires, impossible de trouver la chambre de l’amie en question. J’ai par chance rencontré une étudiante qui était dans une autre chambre. On a fait le tour des salles de la résidence, et on n’a trouvé personne. Après une demi-heure de recherches, elle a décidé de me laisser dormir dans sa chambre vu que sa colocataire n’était pas là.

Comment s'est déroulée l'inscription aux cours une fois sur place ?



Comme j’étais considérée comme auditeur libre (non obtention du diplôme en fin d’année), il fallait que je valide plusieurs documents avec l’administration, notamment des feuilles validant ma présence au sein de l’université.

Au niveau du choix des cours, des feuilles présentant chaque cours étaient affichées dans chaque faculté. J’ai pris connaissance des modules qui étaient affichés dans chaque bâtiment, et j’ai fait mon choix en fonction de ce que j’avais déjà appris à Science Po, mais aussi en fonction de ce qui pouvait être complémentaire à ma formation actuelle.

Point important à prendre en compte : il est important de choisir ses cours en tant qu’étudiant internationaux en prenant en compte le professeur ! En effet, certains ne font cours qu’en Hindi, malgré la présence d’étudiants internationaux. Il faut donc s’assurer que l’enseignement sera bien en anglais avant de finaliser son emploi du temps. Au final, j’ai principalement pris des cours en Relations Internationales et en Droit.

Par rapport au suivi de la part de Science Po, ils m’ont demandé de valider au moins la moyenne dans l’ensemble des cours que je suivais. Obtenir un résultat en fin de semestre était aussi la garantie pour eux que je suivais bien l’enseignement en Inde.

Concernant l’emploi du temps, j’avais 3 heures de cours par module, avec 4 modules par semestre. On avait donc un total de 12 heures de cours chaque semaine. Cela peut sembler peu à première vue, mais il est nécessaire de travailler en dehors des cours pour obtenir des résultats satisfaisants. Des « Lectures » sont à faire chaque semaine afin de préparer le cours, et il faut compter au moins une dizaine d’heures supplémentaires par semaine pour être capable de suivre le cours dans les meilleures conditions. Après, libre à chacun de travailler ou non ses cours en Inde !

Comment a évolué ton niveau d’anglais en Inde ?



Lors de mon départ pour l’Inde, j’avais un niveau très moyen en anglais. Ils ne m’ont pas demandé de passer le test du TOEFL ou de l’IELTS pour valider un niveau minimum lors de l’inscription, mais je me sentais capable de suivre des cours en anglais.

A mon arrivée, l’accent était très difficile à comprendre. Puis après un petit moment, l’oreille s’habitue et la langue se met à rouler les R. Les indiens ont gardé l’anglais qu’ils avaient lors de colonisation : ils ont donc un anglais de très bon niveau, plutôt soutenu, peut être mieux sur certains points que l’anglais européen ou américain.

Comment as-tu trouvé un logement ?



Louise, sa découverte de l'Inde


L’étudiante précédente avait réussi à obtenir un logement universitaire sur le campus, j’ai donc espéré pouvoir faire de même à mon arrivée. Le campus a un aspect rassurant : tu es entouré d’étudiants, la communauté d’internationaux est développée, et il y a la possibilité de rester en groupe au même endroit. En revanche à ton arrivée, la ville représente plus l’inconnu et il est moins rassurant de chercher un logement seul.

Point plus qu’appréciable, l’État indien subventionne les chambres universitaires ! Au final, la chambre ne coûte que 50 roupies par semestre, soit l’équivalent de … 3 euros ! Oui 3 euros pour 6 mois de logement !

J’ai cependant eu beaucoup de mal à trouver un logement universitaire pendant deux mois. J’ai insisté auprès de l’administration de manière continue pour l’obtenir, avec des hauts et des bas, avant que cela se finisse par un non définitif de leur part.

Du coup, je me suis inscrit sur les réseaux sociaux indiens, notamment Yuni-net, un forum Yahoo qui est de plus en plus actif sur Facebook, et Expat Info Delhi sur Facebook. Les gens postent leurs offres d’appartements et de colocations dessus. J’ai donc posté une annonce pour indiquer que je recherchais un appart, et j’ai été contacté par une agence qui t’aide à trouver un logement et se rémunère à la commission.

Lors de mes recherches, j’ai rencontré un allemand nommé Tobias, lui aussi sans appartement. On a donc continué à chercher tous les deux et on a fini par trouver un logement au bout de 7 jours pour deux personnes. Les propriétaires ont alors acceptés de nous le louer au départ, mais les choses se sont compliquées par la suite. Dès que l’on a indiqué que nous étions un garçon et une fille qui n’étaient pas en couple mais simplement colocataire, ils ont refusés de nous le louer.

Du coup, on a continué à chercher et on a trouvé un appartement pour 3 après 3 jours. Une mexicaine s’est jointe à nous par la suite, et on s’est installé tous les 3.

Concernant le loyer, il était plutôt élevé comparé au niveau de vie en Inde. Pour l’appartement dans sa totalité, on payait 16 000 roupies par mois, l’équivalent de 200 euros. Pour ce prix, chacun avait une salle de bain avec une chambre de 20 m2 pour un appartement qui devait faire au total 150 m².

Comment se sont déroulés les premières semaines sur place ?



Les premières semaines se sont déroulées à merveille ! La découverte du pays était aussi magique que l’on pouvait l’espérer. New Dehli est le cliché indien dans certaines parties de la ville, et c’était vraiment incroyable à découvrir.

Dans mon quartier, j’allais faire mes courses, je me baladais, j’allais boire le thé avec ma vendeuse de gâteaux. J’ai choisi d’apprendre les bases de l’hindi pour pouvoir me débrouiller dans la rue avec les indiens qui ne parlaient pas anglais. Je suis arrivée en période de mousson. L’air était difficile respirable, très humide, j’avais tout le temps soif.

 

Il y a eu de l’intégration de la part des étudiants indiens qui s’occupait d’organiser des évènements pour l’université. Officiellement les cours commencent en Aout, mais au final, ils commencent vraiment en Septembre. Du coup, j’ai préféré partir en voyage pendant quelques semaines plutôt que de participer aux évènements.

Dès que je suis allé en cours j’ai rencontré des indiens, j’ai aussi traîné avec des étrangers parce que c’était plus facile de voyager avec eux. J’ai compris le concept du communautarisme en vivant dans un pays si différent. D’une manière globale, je sortais moitié avec des indiens et moitié avec des internationaux.

Je suis tombé malade dès la première semaine par rapport à la nourriture sur place, et cela ne s’est arrêté qu’à la fin de l’année une fois parti de l’Inde. Tous les internationaux avaient des problèmes, n’espérez donc pas passer outre ! Prenez des médicaments, et espérer que cela ne soit pas trop fort…

Louise voyage en inde pendant un an


Comment s'est déroulée ta vie en Inde pendant l'année ?



Louis en habit IndienJ’ai alterné les cours et les voyages chaque semaine, avec trois semaines de cours, puis 2 semaines de voyages qui se suivaient chaque mois.

Les profs n’étaient pas très regardant sur la présence en cours, il était donc possible de partir en périple de manière régulière pendant la semaine. Il était néanmoins important d’assurer une présence minimum et d’être là lors des examens. 

J’avais des amis indiens, qui m’invitaient à manger chez eux. J’avais aussi des amis français, allemands. Il y avait beaucoup d’expos dans la ville, j’en ai énormément profité.

Pour les voyages, tu as pu parcourir l'Inde régulièrement ?



Au niveau de l’Inde, j’ai vu énormément d’endroits qui peuvent faire rêver en un an. J’ai été du sud au nord, puis de l’Est à l’Ouest en traversant tout le pays.

Il ne faut pas hésiter à sortir des recommandations des différents guides parce qu’ils sont loin d’être exhaustifs.

  • Pour le tourisme « cliché » : le Rajasthan et ses fabuleux palais, et le Taj Mahal, évidemment !

  • Pour le tourisme « confortable » : Le Sud

  • Pour le tourisme « aventureux » : le merveilleux site archéologique d’Hampi

  • Pour le tourisme « sportif » : un trek dans le Ladakh

  • Pour le tourisme « anglais » : Calcutta


Concernant l'alimentation sur place, tu as pris tes habitudes ?



J’ai rarement eu à cuisiner sur place : il est possible de se faire livrer pour 2 euros le plat directement chez toi, et c’est absolument divin. L’Inde est un paradis au niveau de la nourriture. Entre les poissons de Calcutta, les Pains du Nord, les légumes du sud, les plats aux influences chinoises, on redécouvre la cuisine et on se ne se lasse jamais.

Pourrais-tu nous donner ton budget sur l'année ?



Voici un mon budget avec une estimation de chacune des dépenses :

  • Logement : 200 euros / Mois

  • Nourriture : 120 euros en étant large, très large

  • Transport : 1.2 euros tous les jours pour aller à l’université. J’habitais loin à Rickshaw, ce qui rendait le transport assez cher.

  • Voyage : le billet de train est peu cher. En fonction de la classe, tu payes rarement plus de 10 euros. Voyager 2 semaines par mois coûte environ 200 euros tout compris (la nuit à 2 euros dans des hôtels, mais à ce prix-là, il ne faut pas s’attendre à des palaces !)

  • Frais d’inscription : 700 euros par semestre

  • Billet d’avion aller-retour : 600 euros à l’aller et 500 euros au retour. J’ai pris un billet Open aller-retour, je pouvais changer la date comme je le souhaitais (Air France).

  • Cinéma : 4 ou 5 euros la place (cher comparé au niveau de vie, mais les films Bollywoodiens et le public communiquant ses émotions en valent la peine !)

  • Assurance étudiante : Au niveau de l’assurance, j’avais pris un pack avec mon assurance étudiante de Science Po.

  • Téléphone sur place : Plus cher qu’en France ! 1 roupie le SMS, il n’existait alors pas de forfait tout à volonté. Internet n’est en revanche pas terrible.


Quelle est ta conclusion sur ton année d'études passée en Inde ?



L’Inde ça passe ou ça casse. Les différences culturelles sont énormes, il faut bien en être conscient avant de se décider. L’élève qui est partie après moi n’est finalement resté qu’un semestre et elle est rentrée plus tôt que prévue. Cela peut être plus difficile pour une femme que pour un homme, la faute aux clichés et idées reçues, encore une fois !

 

Mais à condition de respecter des règles de sécurité (ne pas sortir le soir seule, s’habiller correctement…), l’Inde n’est pas un pays dangereux.

Si c’était à refaire, je le referais 1000 fois ! Rentrer au bout d’un an, c’était retrouver le confort à la française et arrêter de se battre constamment (pour acheter des tomates, négocier un rickshaw), mais c’était aussi tourner le dos à une expérience fantastique.

 Louise est partie etudier un an en Inde

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