Faire de l'alternance à l'étranger : notre guide

Étudier en Alternance à l'étranger : le mode d'emploi


 

Faire une alternance à l’étranger permet de combiner formation, expérience professionnelle et immersion internationale. La démarche est toutefois moins simple qu’une recherche d’alternance en France, car le mot « alternance » ne désigne pas partout le même statut.

 

Selon le pays et la formation, il peut s’agir d’un contrat d’apprentissage local, d’un cursus universitaire avec périodes de travail, d’un programme coopératif ou d’une mobilité temporaire organisée depuis un CFA français. Pour réussir son projet, il faut donc identifier le bon modèle, vérifier le droit au travail, comprendre la rémunération et s’assurer que l’expérience sera reconnue dans le diplôme préparé.

 

Que signifie réellement faire une alternance à l’étranger ?


 

La France utilise le terme « alternance » pour regrouper principalement le contrat d’apprentissage et le contrat de professionnalisation. L’étudiant possède un contrat de travail, perçoit une rémunération et partage son temps entre l’entreprise et son établissement de formation.

 

Ce modèle n’existe pas sous une forme identique dans tous les pays. L’Allemagne, l’Autriche et la Suisse disposent de systèmes d’apprentissage très développés. Le Canada propose de nombreux cursus coopératifs, appelés co-op programs, dans lesquels des périodes d’études alternent avec des expériences professionnelles. Aux Pays-Bas, le parcours BBL combine école professionnelle et emploi, mais concerne principalement la formation professionnelle secondaire.

 

Une annonce contenant les mots internship, placement, traineeship ou work-study ne correspond donc pas nécessairement à une alternance française. Elle peut désigner un stage, un emploi étudiant, une formation professionnelle ou un dispositif réservé aux résidents du pays.

 


FormuleFonctionnementStatut habituelDiplôme préparé
Mobilité d’un alternant français Une partie du contrat français est réalisée dans une structure étrangère. Apprenti français en mobilité. Diplôme français.
Apprentissage local Le candidat signe un contrat selon le droit du pays d’accueil. Salarié ou apprenti local. Qualification du pays concerné.
Duales Studium Études supérieures et emploi dans une entreprise partenaire en Allemagne. Étudiant salarié ou sous contrat avec l’entreprise. Généralement Bachelor allemand.
Programme coopératif canadien Des semestres d’études alternent avec des périodes de travail. Étudiant international effectuant un placement obligatoire. Diplôme canadien.
Stage intégré Une période professionnelle est incluse dans un cursus universitaire. Stagiaire ou étudiant en placement. Diplôme de l’université étrangère.

 

Avant de chercher une entreprise, le candidat doit donc répondre à une question essentielle : souhaite-t-il conserver son école et son contrat français, ou intégrer entièrement le système de formation d’un autre pays ?

Study Experience : l'agence pour partir étudier à l'étranger
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Partir à l’étranger pendant un contrat d’apprentissage français


 

La solution la plus simple pour un étudiant déjà inscrit en alternance en France consiste souvent à organiser une mobilité temporaire. Il conserve son diplôme français et réalise une partie de sa formation ou de son activité professionnelle dans une structure étrangère.

 

La fiche officielle de Service Public consacrée au contrat d’apprentissage indique qu’une mobilité internationale peut durer jusqu’à un an, sans dépasser la moitié de la durée totale du contrat.

 

Une convention doit être conclue entre l’apprenti, l’employeur français, le CFA et la ou les structures d’accueil à l’étranger. Elle précise notamment les dates, les missions, les lieux de formation, le suivi pédagogique, les règles de sécurité, la prise en charge des frais et la validation des compétences.

 

La mise à disposition

 

Dans le cadre d’une mise à disposition, le contrat français continue de produire ses effets. L’employeur français conserve sa responsabilité envers l’apprenti, notamment concernant la rémunération et la protection sociale prévue par le contrat.

 

Cette solution peut être utilisée lorsqu’une entreprise française possède une filiale, un partenaire ou un client à l’étranger. Elle offre généralement davantage de continuité administrative, mais suppose que l’employeur accepte de conserver ses obligations pendant le séjour.

 

La mise en veille du contrat

 

La mise en veille suspend temporairement certaines obligations de l’employeur français. La structure d’accueil étrangère devient alors responsable des conditions de travail, de la durée du travail et, selon l’organisation retenue, de la rémunération.

 

Les règles applicables sont celles du pays d’accueil. Le candidat doit donc comprendre précisément qui versera son salaire, quelle couverture sociale sera maintenue et quelle assurance prendra en charge les accidents ou les soins.

 

Le rôle du CFA

 

La mobilité ne peut pas être organisée uniquement entre l’apprenti et l’entreprise étrangère. Le CFA doit valider la cohérence des missions avec le diplôme, prévoir le suivi et déterminer comment les compétences acquises seront évaluées.

 

Il est conseillé de contacter le référent mobilité internationale dès le début de la formation. Attendre d’avoir trouvé une entreprise étrangère avant d’informer le CFA peut conduire à un refus si les missions, le calendrier ou le financement ne correspondent pas aux exigences du diplôme.

 

Financer une mobilité d’alternant avec Erasmus+


 

Le programme Erasmus+ pour les apprenants de la formation professionnelle peut contribuer au financement d’une mobilité européenne.

 

L’aide peut participer aux dépenses de transport, de logement et de vie quotidienne. Son montant dépend notamment du pays, de la durée du séjour, de la distance et des règles du projet porté par l’établissement.

 

L’étudiant ne dépose généralement pas seul une demande de financement auprès de la Commission européenne. Le CFA, l’école ou un organisme partenaire doit disposer d’un projet Erasmus+ et sélectionner les participants.

 

La bourse Erasmus+ n’est pas automatiquement suffisante pour couvrir toutes les dépenses. Elle peut être complétée par l’entreprise, le CFA, l’opérateur de compétences, une collectivité territoriale ou des aides propres à l’établissement.

 

DépensesFinancement possiblePoint à vérifier
Voyage Bourse Erasmus+, CFA ou employeur. Montant forfaitaire et justificatifs éventuels.
Logement et vie quotidienne Bourse de mobilité, entreprise ou aide régionale. Caution et premier loyer à avancer + Coût réel de la ville d’accueil.
Assurance Employeur, CFA ou souscription individuelle. Accidents du travail, santé et responsabilité civile. Différence entre un départ en Europe et hors Europe
Cours de langue Erasmus+, établissement ou financement personnel. Niveau requis avant le départ.

 

Signer directement un contrat d’alternance dans un autre pays


 

faire de l alternance a l etranger

 

La seconde possibilité consiste à quitter le système français et à signer un contrat selon le droit du pays d’accueil. Le candidat prépare alors un diplôme ou une qualification locale.

 

Cette stratégie peut être plus immersive et conduire à une réelle insertion sur le marché du travail étranger. Elle est aussi plus exigeante. Le candidat doit trouver à la fois une entreprise et un établissement compatibles, maîtriser la langue professionnelle et comprendre les règles locales de rémunération, de congés et de protection sociale.

 

Pour un citoyen français, les pays de l’Union européenne sont généralement les plus accessibles. Le portail officiel Your Europe rappelle qu’un citoyen européen peut travailler dans un autre pays de l’Union sans permis de travail, sous réserve des formalités de résidence et d’enregistrement applicables.

 

Cette liberté de circulation ne garantit cependant pas l’admission dans une formation ni la signature d’un contrat. L’entreprise reste libre de sélectionner ses candidats, et certaines formations professionnelles sont fortement liées au système scolaire local.

 

Quels pays proposent les systèmes les plus proches de l’alternance ?


 

L’Allemagne : Ausbildung et Duales Studium

 

L’Allemagne constitue l’une des destinations les plus intéressantes. La duale Ausbildung combine formation dans une entreprise et enseignement dans une école professionnelle. L’apprenti signe un contrat avec l’entreprise et reçoit une indemnité de formation.

 

Ce parcours concerne principalement la formation professionnelle et peut mener à des métiers du commerce, de l’industrie, de la logistique, de l’informatique, de l’hôtellerie ou de l’artisanat. Le portail officiel Make it in Germany présente les conditions générales et les secteurs accessibles.

 

Le Duales Studium correspond davantage à l’alternance dans l’enseignement supérieur. Il combine un Bachelor dans une université ou une Hochschule avec des périodes en entreprise. Il faut généralement être admis dans l’établissement et signer un contrat avec une entreprise partenaire.

 

Une bonne maîtrise de l’allemand est souvent indispensable, même lorsque certains cours sont proposés en anglais. Les candidatures commencent fréquemment plusieurs mois avant la rentrée, car les grandes entreprises recrutent leurs futurs étudiants très tôt.

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L’Autriche et la Suisse

 

L’Autriche possède également un système dual appelé Lehre. Il concerne surtout les qualifications professionnelles et associe entreprise et école spécialisée. Pour un étudiant recherchant un Bachelor en alternance, l’Allemagne offre généralement davantage de programmes identifiables sous le terme Duales Studium.

 

En Suisse, la formation professionnelle duale occupe une place centrale. Le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation présente les formations menant notamment à l’attestation fédérale de formation professionnelle ou au certificat fédéral de capacité.

 

Le marché suisse est toutefois très concurrentiel. Les entreprises recrutent souvent des candidats déjà intégrés au système scolaire local, et la langue de travail dépend du canton. Le coût du logement doit également être pris en compte.

 

Les Pays-Bas et le parcours BBL

 

Le BBL, pour beroepsbegeleidende leerweg, combine emploi en entreprise et formation dans un établissement MBO. L’étudiant passe généralement une part importante de la semaine dans l’entreprise.

 

Ce dispositif est principalement une voie de formation professionnelle secondaire. Il ne correspond donc pas directement à une Licence ou à un Master français en alternance. Pour l’enseignement supérieur néerlandais, il est plus fréquent de trouver des cursus avec stages intégrés que de véritables Bachelors rémunérés en alternance.

 

Le Canada et les programmes co-op

 

Le Canada ne possède pas un contrat national équivalent au contrat d’apprentissage français. De nombreuses universités et colleges proposent en revanche des programmes coopératifs alternant semestres d’études et périodes de travail.

 

Le gouvernement canadien considère notamment comme placements étudiants les co-op, stages, practicum et programmes de mentorat obligatoires.

 

Depuis le 1er avril 2026, les étudiants internationaux postsecondaires éligibles n’ont plus besoin d’un permis de travail coopératif séparé. Le placement doit rester obligatoire pour obtenir le diplôme, être confirmé par l’établissement et représenter au maximum 50 % du programme.

 

Le co-op améliore l’expérience professionnelle et le réseau local, mais l’étudiant reste généralement responsable d’une partie importante des frais de scolarité. La rémunération du placement ne finance donc pas nécessairement le coût total du diplôme.

 

DestinationModèle principalIntérêt pour un FrançaisDifficulté principale
Allemagne Ausbildung et Duales Studium Système dual très développé et nombreuses entreprises. Langue allemande et recrutement anticipé.
Autriche Lehre Formation professionnelle structurée. Offre universitaire en alternance plus limitée.
Suisse Apprentissage dual Qualifications reconnues et proximité géographique. Concurrence, langue et coût du logement.
Pays-Bas BBL et stages intégrés Nombreux cursus professionnalisants. BBL surtout destiné au niveau MBO.
Canada Co-op programs Expérience professionnelle intégrée au diplôme. Frais de scolarité élevés et permis d’études.
Royaume-Uni Apprenticeships et degree apprenticeships Programmes liés aux entreprises et aux universités. Droit au travail et critères de financement ou de résidence.

 

Visa, droit au travail et protection sociale en cas d'alternance à l'international


 

Dans l’Union européenne, un Français peut généralement travailler sans permis. Il doit néanmoins respecter les formalités locales, comme l’enregistrement de résidence, l’affiliation à l’assurance maladie ou l’obtention d’un numéro fiscal.

 

En dehors de l’Union européenne, un visa étudiant ordinaire n’autorise pas toujours une véritable alternance. Certains visas limitent le nombre d’heures travaillées ou n’autorisent que les stages obligatoires intégrés au cursus.

 

Le candidat doit vérifier son droit au travail avant d’accepter une offre. Une entreprise étrangère peut être intéressée par son profil tout en refusant de prendre en charge une procédure de permis de travail.

 

La protection sociale dépend du montage retenu. Lors d’une mise à disposition par l’employeur français, la couverture française peut rester applicable sous certaines conditions. Dans un contrat local, l’étudiant est généralement affilié au système du pays d’accueil.

 

Comment trouver une alternance à l’étranger ?


 

La recherche doit commencer par la formation. Une entreprise ne peut pas toujours créer seule un contrat d’apprentissage étranger. Elle doit souvent travailler avec une école ou respecter un programme de formation reconnu.

 

Pour une mobilité depuis la France, le CFA et l’employeur actuel sont les premiers interlocuteurs. Les groupes internationaux, filiales et partenaires commerciaux offrent souvent les solutions les plus réalistes.

 

Pour un contrat local en Europe, le portail EURES permet de rechercher des emplois et d’obtenir des informations sur les conditions de vie et de travail. En Allemagne, la Jobsuche de la Bundesagentur für Arbeit référence de nombreuses offres d’Ausbildung et de Duales Studium.

 

Les mots-clés doivent être adaptés au pays, voici notre tableau de correspondance :

 

PaysMots-clés utiles
Allemagne Ausbildung, Ausbildungsplatz, Duales Studium, Praxispartner
Autriche Lehre, Lehrstelle, duales Studium
Suisse Apprentissage, Lehrstelle, formation professionnelle initiale
Pays-Bas BBL opleiding, leerwerkplek, stage
Canada Co-op program, work placement, internship program
Royaume-Uni Apprenticeship, degree apprenticeship, work placement

 

Le CV doit être adapté aux usages locaux et rédigé dans la langue de l’annonce. Une candidature en anglais envoyée à une entreprise allemande exigeant un niveau B2 en allemand a peu de chances d’aboutir.

 

Il est utile de présenter clairement son statut dès le premier message : diplôme préparé, établissement, rythme souhaité, durée, droit au travail et financement envisagé. Le terme français « alternance » ne suffit pas à expliquer le projet à un recruteur étranger.

 

Les étapes pour construire son projet d'alternance à l'international


 

La préparation doit idéalement commencer neuf à douze mois avant le départ ou la rentrée. Les entreprises recrutant des apprentis locaux anticipent souvent leurs besoins, et les conventions de mobilité demandent plusieurs validations.

 

ÉtapeAction
1. Définir le modèle Choisir entre mobilité française, contrat local ou cursus co-op.
2. Vérifier la reconnaissance Confirmer le diplôme, les crédits et les compétences validées.
3. Évaluer la langue Atteindre le niveau nécessaire pour les cours et le travail.
4. Calculer le budget Comparer salaire, bourse, frais de formation et coût du logement.
5. Rechercher l’entreprise Utiliser les portails locaux, le réseau de l’école et les groupes internationaux.
6. Sécuriser le statut Vérifier visa, droit au travail, contrat et protection sociale.
7. Signer les conventions Formaliser les missions, le suivi, la rémunération et l’évaluation.
8. Préparer l’installation Organiser logement, assurance, compte bancaire et transport.

 

Les questions les plus fréquentes sur l’alternance à l’étranger


 

 

    Création et maintenance par l'agence agerix blanc